Avant de parler d'objectifs, il faut regarder le parc tel qu'il est. 183 kWh/m²/an de consommation moyenne, deux tiers des logements en C ou D, un quart en E à G. Voici la distribution réelle — et ce qu'elle impose à toute politique de sobriété.
La sobriété énergétique se discute souvent en cibles : −X % de consommation, Y rénovations par an. Mais on ne pilote pas un parc qu'on ne mesure pas. La base DPE de l'ADEME — 14,9 millions de diagnostics rattachés à des adresses — donne la photographie la plus fine disponible. Sa consommation moyenne est de 183 kWh d'énergie primaire par m² et par an. Et sa distribution par classe dit l'essentiel : où se trouve la matière, et où porter l'effort.
| Classe | Diagnostics | Part | Lecture |
|---|---|---|---|
| A | 298 606 | 2,0 % | Sobre (neuf performant) |
| B | 782 241 | 5,2 % | Sobre |
| C | 5 285 850 | 35,4 % | Cœur du parc |
| D | 4 736 707 | 31,7 % | Cœur du parc |
| E | 2 388 061 | 16,0 % | À rénover · interdit 2034 |
| F | 921 780 | 6,2 % | Passoire · interdit 2028 |
| G | 519 762 | 3,5 % | Passoire · interdit 2025 |
Source : base DPE ADEME croisée par Intent Analytics, 14 933 007 diagnostics à étiquette renseignée.
1. Le parc n'est pas une catastrophe — il est moyen. Deux tiers des logements diagnostiqués (67 %) sont en C ou D : ni vertueux, ni indignes. La sobriété ne se gagne pas seulement sur les extrêmes, elle se joue aussi sur ce gros bataillon C/D qu'il faut empêcher de glisser et inciter à monter d'un cran.
2. La vraie cible de rénovation, c'est le E. Le quart énergivore (E à G) pèse 25,7 % du parc. Mais en son sein, le E seul (16 %, 2,39 millions) dépasse largement les passoires F/G réunies (9,7 %). C'est lui le gisement de masse, et il est sous échéance 2034. Détail dans le guide vague classe E 2034.
3. Le diagnostiqué est plus sobre que le parc total. Ces chiffres décrivent les logements diagnostiqués — vendus, loués, récents — en moyenne mieux classés que le parc dormant jamais évalué. La part de passoires y est de 9,7 %, contre une estimation officielle de 17 % sur l'ensemble du parc. Pour une politique, c'est une nuance qui compte : le parc invisible est plus énergivore que ce que la base laisse voir.
183 kWh/m² et 25,7 % d'E-à-G sont des moyennes France. Sur un territoire donné — une commune rurale à habitat ancien, une couronne pavillonnaire des années 1970, un centre-ville haussmannien — la distribution réelle s'écarte fortement de cette moyenne. C'est pourquoi un plan de sobriété se calibre sur la distribution mesurée du parc local, pas sur le chiffre national.
Calibrer un plan de sobriété, un PLH ou une OPAH sur la distribution DPE réelle du territoire : combien de C/D à sécuriser, combien d'E/F/G à rénover en priorité.
Quantifier un gisement de rénovation, dimensionner un programme ou un appel à projets sur des comptages à la parcelle plutôt que sur des moyennes nationales.
Lire le parc d'une zone par classe pour orienter l'offre — isolation, chauffage, ventilation — vers les segments où elle a le plus d'impact.
Situer un patrimoine dans la distribution, repérer les lots qui glisseront sous le coup des interdictions, et planifier l'effort dans le temps.
La donnée se récupère par enrichissement d'une liste d'adresses, par API pour une intégration métier, ou via les données Rénovation par territoire pour la photographie complète d'un département. Toujours sans donnée nominative : on qualifie le bâti, jamais l'occupant. Pour le cadre d'usage et le RGPD, voir le guide exploiter les données DPE.
183 kWh d'énergie primaire par m² et par an, sur 14,9 millions de DPE. C'est une moyenne du parc diagnostiqué, qui sous-estime le parc dormant moins sobre.
67 % en C ou D, 7,2 % en A/B, et 25,7 % en E à G — dont 16 % pour la seule classe E. Le quart énergivore concentre l'enjeu de rénovation et les interdictions de location à venir.
À fixer l'ordre de grandeur et de priorité : la masse à traiter est surtout le E (2,39 M, échéance 2034), au-delà des seules passoires F/G. Et à calibrer un plan sur la distribution réelle d'un territoire plutôt que sur la moyenne nationale.
La photographie DPE complète d'une commune ou d'un département — classes A à G, consommation, priorités de rénovation — à partir des données publiques croisées. Sans aucune donnée nominative.