API Carto IGN, WFS Géoplateforme, fichiers Étalab — trois accès, un seul référentiel. Endpoints, structure de l'IDU, champs retournés et limites juridiques.
Le cadastre français est l'un des rares référentiels publics à être à la fois exhaustif, géométrique et librement interrogeable. C'est aussi celui sur lequel on se trompe le plus : trois accès différents servent la même donnée sous trois formes, l'identifiant de parcelle a une structure que la moitié des intégrations cassent, et le document ne dit pas ce qu'on croit qu'il dit.
Ce guide détaille les accès réellement exploitables, la composition de l'identifiant parcellaire, les champs effectivement retournés, et les limites juridiques à connaître avant de bâtir quoi que ce soit dessus. Tous les appels ci-dessous ont été exécutés et vérifiés le 29 juillet 2026.
| Accès | Type | Usage | Clé | Licence |
|---|---|---|---|---|
API Carto IGNapicarto.ign.fr/api/cadastre | REST / GeoJSON | Lookup unitaire par identifiants | Non | Etalab 2.0 |
Géoplateforme WFSdata.geopf.fr/wfs/ows | WFS 2.0 / GeoJSON | Requêtage OGC, filtres spatiaux | Non | Etalab 2.0 |
Cadastre Étalabcadastre.data.gouv.fr | Fichiers GeoJSON / Shapefile | Chargement en masse | Non | Etalab 2.0 |
| Fichiers fonciers (MAJIC) Cerema | Fichiers, sous convention | Propriété, occupation | Convention | Restreinte |
Les deux premiers servent le même référentiel, PARCELLAIRE EXPRESS de l'IGN, et retournent un schéma de propriétés identique. Le choix entre les deux ne porte donc pas sur la donnée mais sur le mode d'interrogation : API Carto pour un accès par identifiants, WFS pour du filtrage spatial ou de la pagination volumineuse.
C'est la première cause de bug dans les intégrations cadastre. L'IDU fait 14 caractères et concatène quatre segments de longueur fixe :
Trois pièges, dans l'ordre de fréquence :
162 au lieu de 0162, ou la section D au lieu de 0D, ne renvoie rien. Un identifiant qui transite par un tableur devient un entier et perd ses zéros.000. Il porte le code de l'ancienne commune pour les fusions. L'ignorer marche sur la majorité du territoire et échoue silencieusement sur les communes fusionnées.Cinq endpoints exposent le découpage cadastral : /parcelle, /commune, /division (les sections), /feuille et /localisant (le point représentatif de la parcelle, utile pour poser un marqueur sans charger la géométrie). Le filtrage se fait par code_insee, section, numero, code_dep, code_com, ou par emprise via un paramètre geom au format GeoJSON. La réponse est une FeatureCollection dont les géométries sont des MultiPolygon en WGS 84. Aucune authentification.
# Une parcelle precise — Bordeaux, section DT, numero 0162
curl "https://apicarto.ign.fr/api/cadastre/parcelle?code_insee=33063§ion=DT&numero=0162"
# Toutes les sections d'une commune
curl "https://apicarto.ign.fr/api/cadastre/division?code_insee=33063"
# Le point representatif, sans la geometrie complete
curl "https://apicarto.ign.fr/api/cadastre/localisant?code_insee=33063§ion=DT&numero=0162"
Même référentiel, interface OGC. Le WFS 2.0 accepte les filtres CQL_FILTER, la pagination par STARTINDEX et COUNT, et la sortie en GeoJSON via OUTPUTFORMAT. C'est l'accès à privilégier dès qu'on veut filtrer sur une emprise ou itérer sur un volume. Il a remplacé l'ancienne plateforme Geoservices.
curl "https://data.geopf.fr/wfs/ows?SERVICE=WFS&VERSION=2.0.0&REQUEST=GetFeature\
&TYPENAMES=CADASTRALPARCELS.PARCELLAIRE_EXPRESS:parcelle\
&COUNT=1&OUTPUTFORMAT=application/json"
Ce n'est pas une API d'interrogation mais une arborescence de fichiers, découpée par département puis par commune, en GeoJSON gzippé ou Shapefile. C'est la voie normale pour constituer une base locale : un seul téléchargement remplace des milliers d'appels REST, et le résultat s'ingère directement en PostGIS.
# Toutes les parcelles d'une commune, en un fichier
curl -O "https://cadastre.data.gouv.fr/data/etalab-cadastre/latest/geojson/communes/33/33063/cadastre-33063-parcelles.json.gz"
Tout ce qui touche à la propriété et à l'occupation des locaux vient des fichiers MAJIC de la DGFiP, retraités par le Cerema sous le nom de fichiers fonciers. Ils ne sont pas en open data : l'accès passe par une convention, ouverte aux collectivités et à certains organismes de recherche ou d'aménagement. Aucune API publique n'expose ces données.
API Carto et WFS Géoplateforme retournent le même schéma de propriétés. Relevé sur une réponse réelle :
| Champ | Exemple | Signification |
|---|---|---|
idu | 33063000DT0162 | Identifiant unique, 14 caractères |
code_insee | 33063 | Code INSEE de la commune |
code_dep / code_com | 33 / 063 | Département et commune, séparés |
com_abs | 000 | Commune absorbée (fusions) |
code_arr | 000 | Arrondissement (Paris, Lyon, Marseille) |
section | DT | Section cadastrale, 2 caractères |
numero | 0162 | Numéro de parcelle, 4 caractères |
feuille | 1 | Numéro de feuille de la section |
contenance | 268 | Surface cadastrale en m² |
nom_com | Bordeaux | Nom de la commune |
gid | 20089821 | Identifiant technique interne — non stable, ne pas utiliser comme clé |
contenance. C'est la surface cadastrale, celle qui sert à l'impôt. Elle peut différer de la surface calculée sur la géométrie, et diffère presque toujours de la surface issue d'un bornage. Ne l'utilisez pas comme mesure de référence dans un calcul de valeur.Trois limites font tomber la plupart des usages naïfs.
S'ajoute une limite de fraîcheur : PARCELLAIRE EXPRESS est mis à jour par millésimes, pas en continu. Une division parcellaire récente peut ne pas encore y figurer.
| Besoin | Accès recommandé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Afficher une parcelle depuis son identifiant | API Carto /parcelle | Un appel, GeoJSON direct |
| Poser un marqueur sans charger la géométrie | API Carto /localisant | Charge utile minimale |
| Trouver les parcelles dans une emprise | WFS Géoplateforme | Filtres spatiaux OGC |
| Constituer une base complète | Fichiers Étalab | Un fichier au lieu de milliers d'appels |
| Connaître le propriétaire | Aucun accès ouvert | Convention Cerema nécessaire |
| Croiser parcelle, transactions et bâti | Jointure à construire | Voir ci-dessous |
Le cadastre ne porte aucune clé commune avec les autres référentiels immobiliers. DVF publie des transactions rattachées à des références cadastrales dont le formatage diffère de l'IDU. Le DPE de l'ADEME est rattaché à une adresse. La BDNB décrit des bâtiments. Aucun de ces jeux ne partage d'identifiant avec les autres.
Le chemin praticable consiste à passer par l'adresse : géocoder via la BAN pour obtenir un identifiant d'adresse stable, puis rattacher spatialement l'adresse à la parcelle qui la contient. C'est faisable, et c'est plusieurs semaines de travail entre le recalage des références DVF, la gestion des adresses multiples sur une même parcelle et les bâtiments à cheval sur deux parcelles.
Il y en a deux, servies par l'IGN a partir du meme referentiel PARCELLAIRE EXPRESS. API Carto (apicarto.ign.fr/api/cadastre) expose des endpoints REST simples filtrables par code_insee, section et numero, et retourne du GeoJSON. La Geoplateforme (data.geopf.fr/wfs/ows) expose le meme jeu en WFS 2.0, avec filtrage OGC et pagination. Aucune des deux ne demande de cle.
L'IDU fait 14 caracteres : code INSEE de la commune (5), commune absorbee (3), section (2), numero de parcelle (4). Exemple : 33063000DT0162 = Bordeaux (33063) + pas d'absorbee (000) + section DT + parcelle 0162. Les zeros de tete du numero sont significatifs : 0162 et 162 ne sont pas la meme chaine.
Non. Les donnees de propriete (fichier MAJIC, fichiers fonciers) ne sont pas en open data. Elles sont accessibles sous convention via le Cerema pour les collectivites et certains organismes, ou aupres du service de publicite fonciere pour une parcelle donnee. Les APIs publiques ne retournent que la geometrie et les identifiants.
Non. Le cadastre est un document fiscal, pas juridique. Il sert a asseoir l'impot foncier et sa precision geometrique varie selon l'origine du plan. Seul un bornage contradictoire realise par un geometre-expert fixe une limite de propriete opposable.
Intent Analytics expose la parcelle déjà rattachée à l'adresse, aux transactions et au bâti, en un appel REST. Le travail de jointure décrit plus haut est fait en amont et maintenu.
Voir l'API Données cadastrales