Feux de forêt : une carte citoyenne de suivi
Plusieurs feux importants sont en cours en France. Nous travaillons toute l'année sur les données territoriales publiques ; pendant cette saison, une partie de ces données peut servir à tout le monde. Nous avons donc assemblé une carte de suivi — gratuite, sans compte, sans publicité — qui rassemble les détections satellite de la NASA, la météo de Météo-France et les niveaux de sécheresse VigiEau, rafraîchis toutes les 10 minutes.
C'est une contribution modeste, à notre échelle. Elle ne remplace rien d'officiel : elle aide à comprendre.
Ouvrir la carte des feux en cours →Où va la fumée ? Direction et force du vent, feu par feu →
La question la plus posée, sur une page qui ne dit que ça : vers où part la fumée de chaque foyer, à quelle force souffle le vent, et à quelle heure le relevé a été fait.
Ce que vous pouvez demander sur les feux, et ce que vaut chaque réponse →
Nos données sont interrogeables en langage naturel. Ce guide dit question par question ce qui est mesuré, ce qui est estimé avec sa marge d'erreur, et ce que nous ne savons pas dire — routes fermées, position des secours, extinction d'un feu.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que cette carte ?
Un visualiseur des feux de forêt en cours, construit uniquement sur des données publiques officielles : détections satellite NASA (VIIRS), météo Météo-France (modèle AROME), sécheresse VigiEau, bases publiques d'adresses (BAN), de population (INSEE) et d'établissements (BPE, Géorisques). Notre base est rafraîchie toutes les 10 minutes, automatiquement.
Pourquoi cette démarche ?
Parce que ces données existent, qu'elles sont publiques, et qu'assemblées correctement elles aident à comprendre une situation qui inquiète beaucoup de monde. Notre métier est de travailler ces données pour les collectivités ; cette carte en est un sous-produit que nous préférons partager plutôt que garder. Il n'y a rien à acheter et rien à créer comme compte.
Cette carte remplace-t-elle les alertes officielles ?
Non, jamais. Les décisions d'évacuation appartiennent au maire et au préfet, relayées par FR-Alert. Les secours s'appellent au 112 ou au 18. Cette carte est un outil d'information : elle affiche d'ailleurs ce rappel en permanence.
À quelle fréquence est-elle à jour ?
Notre base se rafraîchit toutes les 10 minutes. Mais les satellites, eux, ne passent que deux fois par jour : nous avons mesuré leurs passages entre 2 h et 5 h puis entre 13 h et 15 h, heure de Paris. Entre les deux, de 6 h à 12 h, aucune image nouvelle n'arrive. Chaque passage met ensuite un certain temps à être publié : nous ne mesurons pas encore ce délai de façon fiable, donc nous ne donnons pas de chiffre. Une carte qui ne bouge pas pendant la matinée est donc normale. L'heure exacte de la dernière acquisition est affichée en haut de la carte — c'est elle qui fait foi, et nous préférons l'afficher que la masquer.
Qu'est-ce que la « règle des 3×30 » ?
Un repère de sapeurs-pompiers : plus de 30 °C, vent au-dessus de 30 km/h, humidité sous 30 % — quand les trois sont réunis, un départ de feu se propage beaucoup plus vite. Ce n'est pas une alerte : c'est un repère de conditions, et il est franchi couramment en été. La carte l'affiche pour chaque foyer, et une couche nationale montre les secteurs concernés à l'instant.
Les zones colorées autour des feux, c'est une prédiction ?
Non. Il y en a deux, et elles ne disent pas la même chose.
Le panache gris montre vers où part la fumée : c'est la direction du vent, mesurée et prévue par Météo-France. C'est l'information la plus solide de la carte. Il ne dit pas jusqu'où la fumée porte — un panache se sent parfois à des dizaines de kilomètres, cela dépend de son altitude, et nous ne le modélisons pas.
Le secteur orange montre de combien le front du feu pourrait avancer en 6 heures, sous forme de fourchette — par exemple « 3 à 9 km ». Nous appliquons une règle publiée, établie sur 118 feux réels : le front avance d'environ 10 % de la vitesse du vent. La fourchette existe parce que cette règle se trompe de 40 à 50 % en conditions difficiles, et parce que nous ne connaissons ni la végétation précise ni le relief. Un chiffre unique donnerait une fausse impression de précision.
Ni l’un ni l’autre ne tient compte de l'action des secours, qui change tout.
Combien d'hectares ont brûlé ? Pourquoi deux chiffres différents ?
Parce qu'il y a deux façons de mesurer, et qu'elles ne donnent pas le même résultat. Nous affichons les deux plutôt que d'en choisir une en silence.
Le relevé officiel vient du service européen Copernicus : des cartographes délimitent la zone brûlée sur des images à haute résolution. C'est la mesure de référence. Son défaut est qu'elle arrive par livraisons ponctuelles — celle du feu du Porge date du 25 juillet, alors que le feu a repris le 26.
L'emprise cumulée, en brun, est la nôtre. Elle additionne tous les points chauds vus par satellite depuis le début, et se met à jour à l'heure. Son défaut est inverse : un pixel de satellite fait 375 mètres de côté, soit 14 hectares, et il s'allume dès qu'une partie de cette surface brûle. Elle peint donc large.
Nous avons mesuré de combien, en comparant notre emprise aux surfaces officiellement déclarées de 57 feux de plus de 500 hectares, entre 2006 et 2025 (base BDIFF du ministère de l'Agriculture).
| Feux de plus de 2 000 ha | nous affichons 1,2 fois la surface déclarée. Sept cas sur douze tombent à moins de 30 % d'écart. |
|---|---|
| Feux de 500 à 1 000 ha | nous affichons 2,2 fois la surface déclarée. |
Autrement dit : plus le feu est grand, plus notre chiffre est juste. C'est mécanique — un pixel de 375 mètres pèse lourd sur un feu de 500 hectares, presque rien sur un feu de 12 000. Sur Landiras, le plus grand feu français récent, 12 552 hectares déclarés contre 18 311 chez nous ; sur Ribaute en 2025, 11 133 déclarés contre 9 842 — cette fois en dessous.
Car nous pouvons aussi sous-estimer. Un feu masqué par les nuages ou par sa propre fumée, ou qui brûle entre deux passages de satellite, est peu vu : Sainte-Rose en 2019, 1 756 hectares déclarés, 211 chez nous.
C'est pour cela que nous écrivons « emprise » et jamais « surface brûlée », et que cet écart est affiché à côté du chiffre plutôt que corrigé en douce. Le publier vous permet de faire l'ordre de grandeur vous-même ; l'appliquer sans le dire reviendrait à présenter une estimation comme une mesure.
Comment lire l'animation. Le bouton « Rejouer » repasse les seize derniers jours par pas de trois heures, pour toute la France. La tache brune ne recule jamais : une surface brûlée le reste, même quand le feu s'éteint. Ce qui grandit, c'est donc le cumul depuis le premier départ, pas ce qui brûle à l'instant affiché.
Pourquoi certains feux affichent des milliers de mégawatts ?
Parce que ce chiffre est un cumul, pas une puissance. Le satellite mesure la chaleur de chaque point chaud qu'il voit ; nous additionnons tous ceux d'un même foyer sur les 26 dernières heures. Un foyer affiché à « 2 600 MW cumulés » ne dégage donc pas la puissance de deux réacteurs nucléaires.
Pour comparaison, mesuré sur nos propres données : le point chaud le plus intense de la journée valait 389 MW, et la moyenne d'un point chaud 8 MW. C'est cela, une puissance.
Nous écrivons « cumulés » partout où ce chiffre apparaît, parce que d'autres services affichent le même nombre sans le préciser — et cela donne des ordres de grandeur qui n'ont pas de sens.
Un feu affiché « refroidi » veut dire qu'il est éteint ?
Pas forcément. « Refroidi » signifie seulement qu'aucun satellite ne l'a revu depuis 24 heures. Cela arrive quand il est réellement éteint, mais aussi quand il est masqué par les nuages ou la fumée, ou simplement parce que le satellite n'est pas repassé au bon moment. Un feu peut aussi reprendre à la première rafale. Nous le laissons visible plutôt que de le faire disparaître.
Que veulent dire « Sûr » et « Estimé » ?
Chaque fiche sépare le mesuré (position satellite, bâtiments, météo) du modélisé (vitesses, délais, scénarios), avec l'âge de chaque donnée. Ce que l'outil ne sait pas, il le dit — c'est le principe de conception de toute la carte.
Pourquoi un feu dont j'entends parler n'apparaît pas ?
Trois raisons possibles : le satellite n'est pas encore repassé, le feu est trop petit ou masqué (nuages, fumée), ou il vient de démarrer. L'absence d'un feu sur la carte ne signifie jamais qu'il n'y a pas de feu. Si vous voyez de la fumée, appelez le 18 — n'attendez pas la carte.
Il y a des points de chaleur sur des zones industrielles, ce sont des feux ?
Souvent non : torchères et aciéries (Fos-sur-Mer, Dunkerque, Florange…) produisent des détections permanentes. La carte les identifie comme « source industrielle probable » plutôt que de les cacher — la transparence vaut mieux que le tri silencieux.
Utilisez-vous mes données personnelles ?
Non. Pas de compte, pas de formulaire, pas de cookie de suivi, pas de publicité. La page charge des fonds de carte et des données publiques, rien d'autre.
Quelles sont les limites assumées ?
La modélisation de propagation est indicative et expérimentale. Elle tient compte de la végétation du secteur — résineux ou feuillus, d'après la BD Forêt de l'IGN — mais pas du relief, or une pente accélère fortement un feu. Elle ignore aussi les coupures : routes, cultures, cours d'eau.
Les surfaces brûlées que nous calculons nous-mêmes sont des enveloppes. Mesurées contre 57 surfaces officiellement déclarées : justes à 20 % près sur les grands feux, doublées sur les petits, et parfois très en dessous quand les nuages masquent le feu. Le relevé officiel Copernicus, lui, est juste mais ponctuel.
La couverture satellite a des angles morts horaires. Les moyens de secours affichés sont un état vérifié à la mi-journée, pas un suivi en direct. Chacune de ces limites est écrite sur la carte, au plus près de la donnée concernée.
Qui est derrière, et comment signaler une erreur ?
L'équipe d'Intent Analytics, petite société française spécialiste des données territoriales publiques. Cette carte est publiée à titre citoyen, hors de notre activité commerciale. Une erreur, une idée, une donnée manquante : écrivez-nous à contact@intentanalytics.fr — les retours de terrain améliorent l'outil pour tout le monde.
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Vent prévu et secteur de propagation, heure par heure →
Vue séparée, alimentée par le modèle AROME 1,3 km de Météo-France. La vitesse de propagation y est une fourchette, pas un chiffre : elle vaut 10 % du vent moyen à 10 m en forêt (Cruz & Alexander 2019, 118 feux réels), à 40-50 % près en conditions sévères.